L’association pour garder la tradition des guerres pour la libération de la Serbie jusqu'à 1918.

Guerre entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie en 1914.

Voulant envahir la Serbie, l’Autriche-Hongrie essaye de réaliser une stratégie conquérante vers l'Est; elle utilise d'abord le lien économique très fort existant avec la dynastie Obrenovic. La dynastie Karadjordjevic étant arrivée au pouvoir et ayant orientée la diplomatie Serbe vers la Russie et la France, Vienne recherche l'occasion de passer en force à travers la Serbie. L'attentat du prince Ferdinand à Sarajevo tué avec son épouse par les coups de révolver du Bosniaque Gavrilo Princip à Vidovdan en 1914 en a est l'occasion. L'attaque sur la Serbie commence le 12 Août; l’ennemi a 500.000 soldats et 1.200 canons contre 250.000 Serbes avec 500 canons renforcés par le Monténégro de 35.000 soldats et de 165 canons.

Des batailles acharnées - Cer, Tekeriš, Mačva - donnent lieu à des hécatombes jusqu’au 25 Août. Les pertes sont énormes des deux côtés :
Autriche - 23.000 morts et blessés et 4.000 prisonniers ;
Serbie - 16.344 soldats et officiers, sans compter plusieurs milliers de citoyens tués et de villages brûlés.

Les Alliés heureux de la victoire serbe à la montagne Cer - c'est la première victoire alliée de la guerre - demandent à la Serbie de passer à l'offensive sur le territoire de l'Autriche-Hongrie. Les Serbes acceptent à contre-coeur car leurs forces sont épuisées.
La 2ème armée serbe se met en route le 6 Septembre et traverse la rivière Sava (Leget – Sremska - Mitrovica); mais un ponton non terminé provoque des résultats tragiques suite à un combat défensif d'arrêt: 6.242 noyés et soldats capturés avec 64 officiers. Les pertes auutro-hongroise sont de 2.000 soldats.

Une 2e offensive commence en même temps à Potiorek avec la traversée du fleuve Drina. Des batailles acharnées commencent à Mačkov kamen, Gučevo avec les dizaines des milliers tués et blessés des deux côtés. L'agresseur est arrêté mais ne peut être poursuivi hors de la Serbie. « La course à la coupure » a commencé.

La 3e offensive de l’armée austro-hongroise commence le 22 Octobre et se termine le 6 Novembre. L’armée Serbe a dû retraiter et Belgrade être abandonnée pour des raisons tactiques à la demande du général Mišić.
Une nouvelle vague de réfugiés venant de Mačva inonde la Serbie. Pendant la retraite serbe et jusqu'au 28 Novembre, l'ennemi va perdre 130.000 hommes.
Pourtant Vienne célèbre frénétiquement sa victoire: il a pris quelques drapeaux de guerre dans la cour du palais du roi Pierre. En Europe, les cloches sonnent le glas pour les vainqueurs du Cer: la Serbie se meurt!

Mais, le miracle se produit encore ! Trois jours suffisent pour que les soldats épuisés et affamés récupèrent leurs forces et recousent leurs uniformes en lambeaux; les munitions tant attendues sont arrivées de France. Le règlement final avec l'agresseur peut commencer.
Le 3 Décembre, juste un mois après la conquête de Belgrade par l'envahisseur, une puissante offensive commence avec en tête la 1ère armée du général Mišić. L’ennemi subit le choc. Nouveaux combats sanglants avec cette fois le succès. Les Serbes obligent l'armée Autriche-Hongroise à retraiter. En 12 jours, l'ennemi a été finalement chassé du territoire Serbe. A la bataille de Kolubara, l'armée de Potiorek laisse 43.323 morts, blessés ou capturés, soldats et officiers.

Les pertes totales en 1914 sont :
- Autriche-Hongrie 273.804 dont 7.502 officiers;
- Serbie 163.357 dont 2.110 officiers.

Chez les Alliés - hommes politiques, commandants en chef, écrivains, artistes - la Serbie est devenue l'exemple du courage .

La tragédie de la Serbie en 1915.

À la fin de 1914, un nouvel ennemi invisible éclipse la célébration de la victoire en Serbie: le typhus tue 30.000 soldats et 200.000 civils, sans compter les prisonniers austros-hongrois à l'origine du virus.

À ce moment la Serbie, presque sans médecins, est sauvée par des missions médicales venues de toute l'Europe et de divers continents; plus de 100 médecins étrangers accompagnés de personnel médical arrivent en Serbie. Frappés par le virus, plusieurs d’entre eux y laisseront leur vie.

La nouvelle agression sur la Serbie en 1915

Conduit par le désir de venger la défaite de 1914, les forces de l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne s’unissent à celles de la Bulgarie. Le commandant en chef est le célèbre maréchal Makenzen. Début octobre, il concentre 500.000 soldats et 1.656 canons sur la frontière Nord de la Serbie pendant que 500.000 Bulgares sur la frontière bulgaro-serbe attendent son ordre pour envahir la Serbie.

L'attaque commence le 5 Octobre par le bombardement continu de Belgrade par 1.000 canons; en 24 heures, 30.000 obus frappent la ville. La défense désespérée de l’armée et de la population ne peut résister à cet ennemi beaucoup plus puissant qui a réussi à prendre pied en ville. En combattant pied à pied avec le vain espoir de l'aide alliées, les défenseurs commencent à retraiter. Quand les Bulgares pénétrent à l'Est, la tragédie est inéluctable. Cependant, la résistance est organisée pour éviter l'encerclement et obliger l'ennemi à marquer un temps d'arrêt dans son avance vers le Sud. Les pertes ennemies sont de 92.000 hommes dont 25.000 Bulgares.

La retraite marque la fin de la résistance de l'armée Serbe. Entre capitulation et poursuite de la retraite à travers le Monténégro et l’Albanie pour sauver ce qui reste de l'armée serbe, la deuxième option est choisie. La course à la mer Adriatique de l'armée Serbe et de la population entre dans l’histoire; ce sera la souffrance sans précédent de quelques centaines de milliers de personnes maintenues seulement en vie par l’espoir de trouver les Alliés sur la côte adriatique et d'embarquer sur leurs bâteaux.

Sur les chemins congelés de l'Albanie

L’histoire n’a pas retenue l’horreur que le peuple Serbe a vécue, du vieux roi Pierre au petit enfant dans les bras de sa mère, dans les gorges glacées du Monténégro et de l’Albanie. Ils ont pourtant été exposés à la faim, à la neige, aux vols et aux meurtres commis par les troupes albanaises dans les zones non tenues par Essad Pacha.

Sur cette route de la mort, presque 70.000 soldats et 200.000 civils perdent la vie.

Le salut de la côte albanaise

L’hésitation des Alliés à transférer l'armée et le peuple serbe à partir de la côte albanaise cesse avec l'ultimatum donné par le tzar de Russie, Nikolas II. Il menace de faire une paix séparée avec l'Allemagne si une action immédiate n'est pas entreprise par les Alliés pour sauver les Serbes à partir de la côte albanaise.
Les premiers bateaux alliés arrivent et commencent à convoyer les rescapés vers Bizerte en Tunisie; à la demande du Gouvernement Serbe, un abri plus proche est trouvé : Corfou. De fin Janvier à fin Mars 1915, les bateaux alliés transfèrent 152.000 soldats serbes ainsi qu'un certain nombre de prisonniers bulgares et plus de 10.000 civils.
Les troupes serbes de Macédoine sont parvenues à retraiter directement à Thessalonique.

Sur l'île de Corfou, les civils et les soldats serbes épuisés sont exposés aux maladies et à la mort pendant tout un mois. Un grand nombre de Serbes meurent à Vido qui devient ainsi « l’île de la mort ». Comme tous les morts ne peuvent être enterrés dans le sol pierreux de l'île, une grande partie est inhumée en mer dans le "tombeau bleu". Les militaires sont enterrés dans les cimetières à coté de leurs camps de toile: il y en a 27.

Les compte-rendus militaires indiquent un nombre total de mort de 7.500 soldats; mais pour certains historiens, le chiffre réel est certainement plus proche de 10.000.

Sous le climat doux, grâce aux équipes médicales des alliés et à l'attitude amicale des habitants de l'île, les Serbes peuvent récupérer rapidement leurs forces. Ils commencent à s'exercer avec le nouvel armement fourni par les Alliés. Au début d'Avril 1916, alors que les derniers groupes arrivent d'Albanie, des bâteaux français débarquent à Thessalonique les soldats Serbes rétablis. À partir d'Avril et jusqu'à Juin, un total de 144.000 soldats et officiers y est transporté. C'est la nouvelle armée serbe qui peut se préparer à la libération finale de la Serbie.

Les batailles au front de Thessaloniki

La ligne du front est longue de 450 kilomètres; elle commence à Valona sur la frontière albanaise, passe à Okrid, Bitolj et va jusqu'à la frontière bulgare. La répartition des forces alliées est la suivante : les Italiens en Albanie, les Français à Bitolj, puis les Serbes, les Anglais et les Grecs.
Au début, le front est tenu par les Français qui sont le plus grand nombre; puis par les Serbes et les Anglais. Vers la fin de 1916, les Italiens arrivent, et à partir de 1917 sont rejoints par les Grecs.

Le combat pour tenir les points hauts de Macédoine commence au Kajmakčalan (2500m) en Août 1916. Ce sommet est essentiel pour attaquer. Les Bulgares résistent opiniâtrement sur des positions bien établies; bien qu'avec de grandes pertes,les alliés parviennent à les chasser de leur position. Les combats les plus durs se livrent entre Serbes et Bulgares, ennemis héréditaires, sur les pentes de la montagne du Kajmakčalan. Les pertes sont énormes des deux côtés. Le 30 Septembre, le sommet du Kajmakčalan est enfin conquis; 5.000 hommes des divisions Drina et Danube sont morts.
C'est un grand succès stratégique très bon pour le moral : les Serbes viennent de reconquérir un bout de leur sol natal. Puis, Bitolj est libéré le 19 Novembre 1916.

Au printemps 1917, l'objectif allié de démarrer une offensive à partir du camp retranché de Thessalonique ne réussi pas; les Alliés perdent 10.000 hommes.
Pendant ce temps, le gouvernement Serbe lance une action pour accueillir des volontaires en provenance des Etats-Unis et de la Russie. A la fin du premier semestre de 1918, 20.000 volontaires sont arrivés; la plupart sont des Serbes de Russie.

La percée; La libération

Pour l'offensive finale, les forces sont les suivantes :
- Alliés 628.000 soldats, 1.800 canons, 200 avions ;
- Forces centrales 626 000 soldats, 1.600 canons, 80 avions.

L'effort principal de l'offensive alliée est situé dans les montagnes inaccessibles de la Moglena, là où l'ennemi ne s'y attend pas. L'attaque initiale est faite par les forces serbes (6 divisions) renforcées par 2 divisions françaises. Après une préparation d'artillerie de 24 heures avec 2.049 canons, le 15 Septembre, les Alliés attaquent : les Serbes à travers le Vetrenik, les Français à travers le Dobropolje. Le 12e régiment de "l'empereur Lazare" de Kruševac (particulièrement le 2e bataillon du colonel Gavrilović avec des volontaires) est chargé de l'attaque cruciale qui brise le rempart bulgare. Un jour suffit pour que les forces progressent sur un front de 25 km de large sur 2 km de profondeur. Les combats s'étendent bientôt sur tout le front; les résultats sont moins bons dans le secteur de Doiran, où les Alliés subissent de grandes pertes.
Les Bulgares signent finalement leur capitulation le 29 Septembre 1918 à la seule condition que les forces serbes et grecques n’entrent pas en Bulgarie. Les troupes serbes se montrent invincibles sur leur route cap vers Belgrade au Nord; il y a quelques combats occasionnels sur leur chemin: Vranje, Leskovac, Niš, Kragujevac. Avec la libération de Belgrade le 1er novembre 1918, la Serbie est finalement libre.

Les Alliés ont perdu 16.200 soldats dont 4.000 Serbes pendant l'offensive entre la Moglena et Belgrade. Le nombre total de morts dans la région de Thessalonique est de 9.303 soldats; 6.020 d’entre eux sont enterrés au cimetière militaire de Zeitinlik.

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