OBJET: Austerlitz (Slavkov) - 1930 : Un monument à la gloire des soldats de Napoléon et à l'amitié franco-tchécoslovaque

 

Le roi de Bohême Jean Ier de Luxembourg, dit "l'Aveugle" se fait tuer à Crécy en 1346. Il est venu aider le roi de France à pourfendre l'ennemi commun qu'est l'Angleterre (*) pendant la guerre de 100 ans.

Un peu plus de cinq siècles après, l'ennemi commun a changé. La Bohême rêve de se débarasser de l'Autriche (1848) et la France de l'Allemagne (1870).

En 1914, de jeunes tchèques arrivent en France et s'engagent dans la Légion Etrangère pour ne pas subir un joug qui risque de s'étendre sur toute l'Europe. Ils viennent de Bohême, de Moravie et de Slovaquie, régions qui détiennent les trois quarts du potentiel industriel de l'Autriche-Hongrie ( **).

Fort de ce constat et persuadé que tôt ou tard les puissances centrales seront vaincues, des Tchèques émigrés à Paris créent en Juin 1915 en liaison avec les industriels de ces régions la "Chambre de Commerce franco-tchèque" dont la mission est de préparer les relations industrielles, commerciales et financières entre la France et la future république tchécoslovaque.

Une première convention commerciale est signée avec la France en Novembre 1920 puis renouvelée en Août 1923. Le 16 Octobre, Masaryk, Président de la république tchécoslovaque en visite officielle en France, répond aux souhaits de bienvenue de Millerand, Président de la république française en disant:"Vous pouvez compter sur nous dans les bons comme dans les mauvais jours."

En 1930, lors d'un passage à Prague à la légation de France, le maréchal Franchet d'Espèrey qui, en tant que saint-cyrien, a sans doute noté un oubli lors des cérémonies du centenaire de la mort de Napoléon en 1921, lance l'idée d'un monument pour commémorer la bataille d'Austerlitz. Cette idée est accueillie avec joie par le général Sirovy, Chef d'Etat-Major Général de l'armée tchécoslovaque. Le monument est construit près de Slavkov (Austerlitz), sur la colline de Zuran, à l'emplacement où Napoléon se trouvait au début de la bataille.

Légionnaire Brezovski (Archives FDE- CDG)

La 4 Juillet 1930, veille de l'inauguration, le général Mittelhauser, représentant le maréchal Franchet d'Espèrey immobilisé à la suite d'un accident de voiture à Paris, remet la médaille militaire au père du légionnaire Brezovski, le plus jeune des premiers engagés tchèques de la légion étrangère tués sur le sol de France.

Article du journal LE MATIN en date du Lundi 7 Juillet 1930 (Archives FDE- CDG)

Juillet 1930 - Monument de la bataille d'Austerlitz (Archives FDE- CDG)

Avril 2011 - Vue face latérale Ouest du monument de la bataille d'Austerlitz (Photo BB Prague)

Le 5 Juillet, le "monument" est inauguré sur la colline de Zuran entre Podoli et Slapanice à environ 8 kilomètres Est de Brno en présence de M. Viskovski, ministre de la défense nationale, du Gal. Mittelhauser et de M. E. Charles-Roux, ministre de France à Prague.

Les initiateurs du monument: Sirovy, d'Espèrey, Charles-Roux (Archives FDE- CDG)

Ce n'est qu'en Septembre, avant de suivre le Président Masaryk qui se rend aux grandes manoeuvres de Slovaquie, que le maréchal peut remercier le général Sirovy, son E.M. et notre ambassadeur Charles-Roux .

Le général Podhajski, le maire de Slavkov, le maréchal Franchet d'Espèrey (Archives FDE- CDG)

 

Il est ensuite l'hôte de la municipalité de Slavkov. Il se fait expliquer la bataille d'Austerlitz par le général Padhajski, Inspecteur général de l'armée de terre et relit la phrase de l'empereur inscrite sur la plaque de bronze portant le croquis de la bataille, située au sommet du cube de granit:

"Soldats, mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire j'étais à la bataille d'Austerlitz pour que l'on réponde voilà un brave".

En 2005, année du bicentenaire, un site présente la bataille d'Austerlitz et tous les monuments se rapportant à l'Empereur dont celui se trouvant sur la colline de Zuran.

En 2010, l'amitié franco-tchécoslovaque se perpétue par la mémoire partagée des pilotes de chasse ayant servi dans les Forces Aériennes Françaises Libres pendant la 2e guerre mondiale.

 

__________ 

 

* sous Edouard III, petit-fils de Philippe le Bel

** "bien qu'elles ne constituent que le cinquième de sa superficie et le quart de sa population" (N° 126 de la revue mensuelle "Science et Industrie" de Mars 1924).

 

CDG:-)

 

 

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